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Le blog maligne-TER

Tende – Nice – Vintimille

plan de la ligne Tende – Nice – Vintimille

vendredi 14 septembre 2018, 16:13

Tourisme Le merveilleux voyage de Nice à Tende par Anne-Sophie Jouvenaud (Journaliste Nice-Matin)

par Laurence Moretti-Delamour

En montant dans le train de 9 h 17, en gare de Nice, direction Tende, une voix féminine résonne dans le haut-parleur. « Attention, les commentaires seront donnés uniquement dans la rame de queue ! »

Oui, seulement : dans quel sens part le train ? Renseignements pris auprès du conducteur, nous nous installons dans la rame adaptée, auprès de touristes. Quoique… Certains avouent en chuchotant être des habitants de Berre-les-Alpes. Distribuant des brochures de documentation, notre guide-conférencière effectue des va-et-vient à travers les cabines. S’adressant en français puis en anglais, Patricia mi-guide, mi-voix SNCF annonçant les arrêts, parcourt les allées avec un dynamisme contagieux. « Regardez à droite ! À gauche ! Il ne faut pas que vous perdiez une minute de cette visite », répète la chef d’orchestre, qui, bienveillante, pousse les voyageurs à se lever et à circuler librement dans le train.

À 9 h 27, elle nous informe que La Trinité était célèbre pour ses mulets, indispensables dans les années 1950 à l’importation du sel. Après les villages de Drap et Cantaron, la mise en garde à se tenir prêts à découvrir les villages perchés est enregistrée. La bande littorale est désormais derrière nous. Le TER bleu logoté « Train des Merveilles », nous transporte de plus en plus haut.

À quarante mètres au-dessus du vide, la vue panoramique sur L’Escarène et son église monumentale donne le vertige. Quelques minutes après une halte à la gare de Touët-de-l’Escarène et ses fresques murales offertes par l’artiste Florence Schumpp-Tillot, près de six kilomètres d’un obscur tunnel plonge chaque voyageur dans l’attente.

À chaque passage de ces interminables corridors – tantôt linéaires, tantôt hélicoïdaux -, la réaction unanime des curieux ne se fait pas attendre. Ébahis, nous entrevoyons entre deux tunnels, le spectacle de ces villages, nichés au creux des montagnes. Concentration de sapins, roches et rivières forment une bucolique carte postale que notre guide s’amuse à légender avec justesse « Quand on n’est pas poète, on le devient. »

Les anecdotes historiques distillées par Patricia et l’ambiance chaleureuse manifestée à bord du Train des Merveilles nous font oublier le temps qui passe. Un bref regard sur notre gauche et nos yeux se posent sur le mont Bégo, culminant à 1 212 mètres d’altitude. Tende nous ouvre ses bras à 11 h 25, et c’est enjoué d’avoir vécu pareil voyage, que nous sillonnons les fines ruelles de ce village mystérieux, à la recherche de ses richesses promises. Avec certitude, nous nous promettons de remonter dans ce train !

Le Train des Merveilles dessert quatorze villages avant Tende, son terminus. Un dépliant est distribué à bord et suggère les différents musées à découvrir le long du trajet. Depuis 2005, les voyageurs ferroviaires, en quête d’Histoire ou de découverte de patrimoine, peuvent profiter d’une visite guidée qualitative sur le trajet Nice-Tende.

Prenez de la hauteur et embarquez à bord du Train des Merveilles, qui n’a jamais aussi bien porté son nom…

 

Je remercie vivement Mme Jouvenaud pour cet article paru dans Var Matin Week- End . N° 124 ● 14 septembre 2018 ● L’hebdo loisirs de la Côte d’Azur et du Var